Interview - témoignage de Patricia Vicente

#3Portrait Patricia Vicente nous révèle sa passion pour les textes et la vie qu'on peut leur donner à travers la voix.


Profession : Voix-off, comédienne

Patricia a exploré et trouvé sa voie/x en s'ouvrant aux expériences.


J'ai toujours aimé les mots; les lire, les écrire mais surtout les dire car avec les mots, mes goûts sont éclectiques ; tantôt émue par du Kipling tantôt par un refrain de rap, l’important c’est la passion qui émerge du texte.


J’ai vite compris le pouvoir de la voix, sa force de guérison et d’encouragement mais aussi sa beauté lorsque, petite fille, j’écoutais avec plaisir Yolène de la Bigne et sa chronique à la radio.Ma vie a toujours été marquée par des activités d’expression : le théâtre, l’improvisation (qui rythma mon adolescence par les matchs avec l’équipe du NOL) les contes, suivi du brevet d’actorat de l’école de cinéma de Genève.


Pour la voix-off, tout a commencé quand un ami, fit écouter mon premier spot à un producteur de films. Ce dernier décela du potentiel et voulu me voir. Un coup de foudre professionnel s’opéra et j’ai dès lors travaillé sur plusieurs de ses documentaires, dont celui avec Rosa, enlevée par les FARCS étant enfant et enrôlée de force dans la « guérilla » en Colombie. Ce fût un honneur pour moi de porter son histoire. Je fus aussi encouragée par un ami reconnu dans le milieu du son. Savoir que des gens que j’apprécie et qui plus est du métier aiment mon travail me fit prendre conscience que ma voix était sur la bonne voie !


J’ai toujours fais du théâtre, j’ai notamment été présidente de la troupe de théâtre espagnole de Lausanne. Sur scène, c’est grisant d’exploiter les facettes de sa personnalité et avec la voix-off c’est une source intarissable de personnages qui s’offrent à nous car on n’aborde pas de la même manière un documentaire animalier, une campagne préventive, un livre audio pour enfants ou la boîte vocale d’une amie. Chercher le ton juste, la bonne couleur, trouver le rythme et poser la respiration au bon moment : parfois je m’amuse en me rêvant équilibriste du verbe qui cherche à atteindre la parfaite équation.


Et en parlant d’équilibre, c’est aussi quelque chose que j’applique dans ma vie : connaître ma force mais aussi reconnaître ma vulnérabilité. C’est lorsque nous apprenons à conjuguer avec tous nos aspects, que nous sommes le plus authentiques et en mesure de donner le meilleur de soi.


Je suis de celles qui se sont forgées dans la contrainte, alors accepter sa vulnérabilité n’était pas facile mais en le faisant pour avancer, on devient un peu comme un vase japonais sur lequel on appose des fils d’or pour en sublimer les fêlures à la manière du kintsugi…cela rend plus beau et fort ce qui était d’origine.

 ¨ Patricia Vicente¨




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