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Interview - témoignage de Janine Piguet

#8Portrait Janine Piguet nous dévoile sans détour son parcours et sa quête qui mène à l'essentiel !



Profession : actrice, scénariste, réalisatrice et productrice


- Comment vous avez choisi votre voie professionnelle ?

J’étais biologiste tropicale et je me tenais à Madagascar dans une forêt vierge. Je parlais à ma collègue tout en traversant la forêt où nous étudions les lémuriens et je lui racontais mes expériences de scène au théâtre et à quel point j’adorais ça. Elle m’a dit : « mais pourquoi t’es pas actrice si t’aimes ça à ce point ? » je me suis arrêtée net, j’ai pensé « Elle a raison ! ». En rentrant de Madagascar, trois mois plus tard, je me suis inscrite à l’école des Enfants Terribles à Paris, j’ai passé le concours d’entrée et j’ai été admise en deuxième année.


- Quelles expériences ont marqué ou changé votre vie?

Durant des années, j’ai travaillé à construire ma carrière d’actrice. Après le tournage de Jean-François Amiguet, dans lequel je jouais le rôle principal de Bibi, une serveuse impertinente qui tente de savoir qui est son père, j’ai ressenti un grand vide. Le personnage m’avait plus pourtant et j’ai adoré la rencontre et le travail avec ce réalisateur mais je sentais que malgré le fait que j’avais atteint mon objectif de carrière ; jouer dans le film d’un réalisateur important le rôle principal, je n’étais pas satisfaite. Ca été une période très difficile car je ne m’attendais pas à ce qu’en atteignant enfin un objectif je me dises « bon…et alors ? ». Je pensais atteindre une joie immense mais je sentais un vide et tout au fond une petite voix qui toquait à la porte de mon subconscient. Et puis petit à petit j’ai compris. Ce qui m’importait, c’est ce qui se passait dans le monde, comment on traite les êtres humains : les personnes âgées, les femmes, les migrants, les marginaux, les personnes en situation de handicap, les enfants.


Une seule fois, sur toute ma carrière, on m’a donné un rôle qui permettait de transmettre ce besoin fondamental de justice qui m’habite (merci à Katia Scarton-Kim, réalisatrice). Une fois, ça ne me suffisait pas. J’ai donc décidé d’écrire des films sur ces sujets qui me paraissaient importants et de les réaliser. C’était un long chemin difficile car je recommençais tout d’une part, tout en continuant une carrière d’actrice dont je savais qu’elle ne m’apportait pas une satisfaction complète. Mais ça a été un chemin satisfaisant car maintenant j’ai écrit 5 courts-métrages, et chaque court est plus profond que le précédent : ils parlent de sujets qui me tiennent à cœur. Fortissimo, a reçu 30 prix, a été nominé 52 fois et a fait le tour du monde ! C’était un beau cadeau. Les trois derniers courts que je viens de réaliser en mars 2024 commencent leur vie en festival cette année. J’ai deux long-métrages en écriture et pour en faire les meilleurs scénarios possibles, j’ai passé le concours d’entrée en master de la ZHDK et j’ai été prise comme scénariste. Je commence en septembre à Zürich. A côté de cela, je tourne dans des films en tant qu’actrice et je joue au théâtre et je me sens plus sereine dans ces projets aussi.


J’ai appris qu’atteindre un objectif ne rend pas forcément heureuse, mais permet de définir ce qui est important.


Une phrase d’une autre femme puissante : Béatrice Renz, sur qui je prépare un documentaire en ce moment qui s’appellera « Libre, la vie sans barrières » :

« si tu arrives à imaginer quelque chose, c’est que c’est réalisable ; il faut juste trouver la bonne solution. »


Elle était en chaise roulante et tétraplégique avec des plaies ouverts très douloureuse quand elle a imaginé traverser le désert du Wadi Rum pendant 10 jours. Eh bien, elle l’a fait, sur un brancard poussé à travers les dunes de sables par la colonne de secours de Bulle et accompagnée par deux infirmières et elle y a dormi de nombreux jours d’affilée.

 

"Janine Piguet"


Vous voulez en savoir plus sur Janine Piguet, allez sur : https://www.janinepiguet.com/fr/accueil/




 






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